dimanche 31 mai 2020

Dimanche de Pentecôte (dimanche 31 mai 2020)

FÊTE DE LA PENTECÔTE
Dimanche 31 mai

Accompagnement pour la liturgie du dimanche
«Ô Seigneur, envoie ton Esprit
qui renouvelle la face de la terre!»


Homélie (Père Jean-Baptiste Lê):


Saint Jean rapporte dans l’évangile : « C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté ».
            En toute vérité, nous sommes ici, ce matin, après plus de deux mois de confinement sanitaire à cause du coronavirus, comme les Apôtres et Marie, dans la chambre haute, attendant la promesse du Père : la venue de l’Esprit Saint (1e lecture)
            Les Apôtres sont calfeutrés. Ils étaient là comme des flambeaux disposés et qui attendent d’être allumés par l’Esprit Saint pour illuminer le monde entier.
            Ils sont là comme des marins dont la barque est amarrée au port et qui attendent le vent de l’Esprit pour s’en aller au large.
            Il est environ neuf heures du matin. Et soudain, une force venue on ne sait d’où, les soulève comme un ouragan et les brûle au cœur comme un feu ardent.
            Abandonnant la peur qui les enfermait, ils sortent de la maison et s’en vont de par la ville, mus par un bonheur contagieux pour témoigner du Ressuscité
            Une grande foule se rassembla autour d’eux et les écouta, stupéfaite de les entendre parler de Dieu, de ses merveilles et de les comprendre chacun dans sa propre langue !
Remplis du Souffle même de Dieu, les Apôtres se découvrent investis d’une mission, celle d’annoncer que Jésus est Vivant et qu’un monde nouveau est en train de naître.
« Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur », rapporte Saint Jean.

Et Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ».
            Mission d’offrir cette Bonne Nouvelle à tous les hommes, quels qu’ils soient et d’où ils viennent. Ce jour-là, ce Souffle signe l’acte de naissance de l’Église.
Il a ressuscité Jésus, l’a remis debout, l’a fait sortir du tombeau.
            C’est encore l’Esprit Saint qui fait du pain et du vin, fruits de la terre et du travail des hommes, le Corps et le Sang de Jésus, pour notre nourriture. De même, il fait de nous le Corps du Christ. Saint Paul déclare (2e lecture) : « Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
    C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été (nourris et) désaltérés par un unique Esprit ».
Quand ceci arrive le miracle de la Pentecôte se renouvelle.
C’est l’Esprit-Saint qui nous donne de vivre en croyants enthousiastes pour rendre témoignage au Christ, comme l’affirme Saint Paul (2e lecture) : « Frères, personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint.
    Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit.
    Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur.
    Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous.
À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien ».
Nous sommes nés de cette expérience, et sans doute naissons-nous à nous-mêmes à chaque fois que nous la refaisons. Laissons-nous saisir par l’Esprit Saint !
Ouvrons-nous à sa nouveauté toujours surprenante. C’est notre chance et notre joie.
Et nous ferons l’expérience d’une vie spirituelle qui ne nous fait pas vivre « hors sol » ou « dans les nuages ».

De cette expérience vont naître pour nous quelques passages : de la peur à l’audace, du souvenir au témoignage, du passé à l’avenir, d’un « entre nous chaleureux » à un « aller vers », d’un « venez chez nous » à « allons à l’autre », comme ne cesse de nous y inviter notre Pape François.
Cette expérience de Pentecôte se vit aujourd’hui dans le monde, dans l’Église, dans nos vies, bien au-delà de ce que nous croyons, et même et surtout au cœur des épreuves de la vie, de la fragilité de l’être humain, ou de la société, ou encore de l’Eglise. 
L’Esprit est Vie. Sommes-nous prêts à rendre compte de notre propre foi ? 
            Nous sommes appelés à entrer dans la communion d’Amour qui unit le Père et le Fils, communion trinitaire que nous célébrerons particulièrement dimanche prochain.
            C’est l’Esprit qui nous guide sur ce chemin de communion d’amour. 
Il nous apprendra à reconnaître en ce monde toutes les merveilles du Seigneur.
             Car la Pentecôte, c’était hier. Mais c’est aujourd’hui. Elle est au cœur de notre histoire personnelle, à chacun, à chacune de nous.
            La Pentecôte, c’est ce qui risque de se passer lorsque des gens « comme vous et moi » osent à nouveau la prière, comme les apôtres réunis au Cénacle avec Marie.
            La Pentecôte, c’est ce qui se passe lorsque des gens « comme vous et moi », guidés par l’Esprit, vivent au cœur du monde. Dans notre monde meurtri, défiguré par tant de guerres, de violences, de haines, d’injustices, et de pandémie coronavirus. 

Guidés par l’Esprit, nous avons à reprendre sans cesse les routes de la justice et de la paix, à risquer notre vie pour apporter secours et compassion au cœur même de la souffrance et de la violence. C’est au cœur de la mort que le Christ est ressuscité ! Il est descendu aux enfers pour ramener les captifs à la Vie.
            Là où nous sommes, vivre à la manière de Jésus, c’est se laisser guider par l’Esprit-Saint pour vivre dans l’amour de Dieu, de soi-même et des autres.
Oui, il est notre vie, l’Esprit de Dieu. Ouvrons-lui nos cœurs pour renaître.
            Heureux sommes-nous d’être marqués d’une telle grâce.
« La paix soit avec vous ! » dit Jésus à ses Apôtres encore enfermés par peur :
Recevons, nous aussi, la Paix du Ressuscité qui souffle sur nous pour nous donner son Esprit. L’Esprit qui emplit nos cœurs de sa joie contagieuse.

Amen.

mercredi 27 mai 2020

Reprise des messes sur les paroisses de la Vallée du Réveillon et du Plateau Briard


Nous sommes heureux de vous annoncer la reprise progressive des messes dominicales et anticipées du dimanche sur nos paroisses de la Vallée du Réveillon et du Plateau Briard.


Pour ce week-end de la Pentecôte, vous avez le choix :
            Ø samedi 30 mai 2020
                        * Mandres-les-Roses         à 18h15
                        * Marolles-en-Brie              à 18h15


            Ø dimanche 31 mai 2020
                        * Santeny                             à 10h15
                        * Villecresnes                       à 11h


NB : port du masque obligatoire (à partir de 11 ans)

F Merci de bien vouloir respecter les consignes affichées, ainsi que celles qui seront données en début de célébration et en particulier :
- marquage des places autorisées (bancs et chaises) et au sol (lors de la communion),
- respect de la distanciation physique.

F Lavage des mains pour tous au gel hydro-alcoolique distribué lors de votre accueil. 


« Prenons soin les uns des autres » 


Fraternellement,
Equipe de Communication

samedi 23 mai 2020

7eme Dimanche de Pâques (dimanche 24 mai 2020)


 7ème DIMANCHE DE PAQUES
Dimanche 24 mai

Prions ensemble
«Je ne vous laisserai pas orphelins,
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.»



Homélie d’un aumônier de prison:

Aujourd'hui, c'est non pas le 7° dimanche après Pâques mais le 7° dimanche de Pâques.
Ce qui signifie que Pâques, la résurrection de Jésus, ce n'est pas du passé, mais c'est aujourd'hui.
Pour les chrétiens que nous sommes (ou tâchons de l'être), il ne s'agit pas, aujourd'hui comme chaque dimanche, comme chaque jour de nos vies, de célébrer l'anniversaire d'un événement passé : la mort-résurrection de Jésus.
Il s'agit de reconnaître et de fêter dans notre aujourd'hui le plus quotidien, la Pâque de Jésus que nous proclamons Christ et Seigneur, Fils du Dieu vivant.
Voilà qui n'est pas chose aisée et qui n'a aucun caractère d'évidence.
Parfois même, sinon souvent, nous nous disons : "Je n'y comprends rien, à tous ces mystères. Tout ça, c'est des discours de théologiens et de spécialistes sans grand rapport avec nos pauvres vies".
Et comme pour compliquer les choses, la liturgie nous propose de lire des extraits de l'évangile selon Jean.
Aujourd'hui encore, un extrait du long discours mis dans la bouche de Jésus lors de son dernier repas avant sa mort. Nous sommes un peu comme les onze disciples à qui les femmes viennent dire le tombeau vide au matin de Pâques :
"Ces paroles leur semblèrent radotages et ils ne les croyaient pas".
Radotages de femmes. Discours hors de la réalité, de notre réalité.
Et pourtant … ! Pourtant, ce discours assez incompréhensible est prêté à Jésus 
"à l'heure où il passait de ce monde à son Père". Autrement dit, ses paroles ont un lien avec sa mort et le pourquoi de sa mort, en lien avec ce qui le mène à sa mort : sa vie et ses actions. Il y a donc là comme une parole ultime, essentielle. Il se joue là, dans cette mort illuminée par la résurrection, le mystère de sa vie et de son être.
Alors, l'évangéliste Jean ajoute les mots aux mots et les phrases aux phrases, sans craindre de tourner en rond, de se perdre et de nous perdre dans les belles formules théologiques dont le sens nous échappe un peu, ou beaucoup, comme il lui échappe à lui aussi sans doute. Il ne comprend pas tout, nous ne comprenons pas tout, voire même pas grand-chose. Mais il rumine, il ressasse, sans craindre le radotage reproché aux femmes revenant en courant du tombeau.
Laissons-nous donc aller au radotage, à sa suite. Et voilà que nous est donné ceci :
"Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils pour que le Fils te glorifie".
N'est-ce pas là une provocation ? La mort de Jésus dont l'heure approche en ce dernier repas serait à la fois sa gloire et la gloire de Dieu… Alors même qu'elle sera, aux yeux des passants, un échec pitoyable : un homme pendu et cloué sur du bois, comme un bandit de grand chemin, comme un esclave enfui et repris misérablement. Un moins que rien.
Et qui, malgré les belles phrases de l'évangile de Saint Jean, meurt dans l'abandon et la détresse la plus profonde, avec le sentiment insupportable d'être abandonné de Dieu.
Mais, en fait, cette mort n'est-elle pas au contraire très digne, en ce qu'elle est l'aboutissement de toute une vie ?
Elle est la suite logique d'un engagement total pour cette réalité que Jésus appelle
"le Royaume de Dieu". Royaume qui n'est pas dans on ne sait quel futur, après la mort, après la fin du monde. Mais Royaume qui est déjà, ici et maintenant.
Et il en donne les signes, ce que notre évangile appelle "l'œuvre que tu m'avais confiée à accomplir". Signes tout simples, en rien miraculeux si nous entendons par miracles des prodiges. Il accueille tout homme et femme sans préalable, sans regarder à ses éventuels mérites et encore moins à ses erreurs et péchés.
Il relève ceux qui sont à terre, écrasés par la maladie, leur mal-être ou le mépris des autres.
Il établit la fraternité car, dit-il, nous sommes les enfants du même Père. Tous fils de Dieu. Voilà la glorification de Dieu : que ses enfants tiennent debout, qu'ils soient libres, qu'ils marchent fièrement comme des êtres libres et responsables.
Nous le savons bien : accomplir tout cela, susciter la libération et le relèvement provoque vite l'opposition et la haine mortelle de tous les conservatismes. Aujourd'hui comme hier.

Alors, comme dit la chanson, "le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté".
Mais cette mort même, si violente soit-elle, porte en elle-même sa couronne de gloire.
Car elle est l'affirmation, envers et contre tout, de l'ultime valeur : l'homme est enfant de Dieu. Et Dieu ne peut être lui-même si l'homme est réduit en esclavage.
"La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant" disait l'évêque de Lyon, Irénée, au 2° siècle.
Alors on peut dire et croire, à la suite de l'évangéliste, que la mort de Jésus a été sa glorification. Et qu'elle a été la gloire de Dieu. C'est ce que signifie le matin de Pâques avec son tombeau ouvert et vide.
Et aujourd'hui encore, c'est Pâques, comme nous disions en commençant, le 7° dimanche de Pâques. Aujourd'hui, le tombeau est ouvert et vide.
Mais aussi peu vide que ne le sont deux mains ouvertes.
La mort de Jésus, son absence, son tombeau vide : voilà les signes paradoxaux, étonnants, de sa présence. Voilà les signes de sa gloire.
Et nous sommes là, toujours un peu abasourdis par la parole de Jésus et surtout par la méditation proposée par l'évangéliste Jean. D'autant que le voilà qui affirme comme conséquence de la mort-résurrection de Jésus ceci :
"Le Fils donne la vie éternelle (et non donnera, comme dans la mauvaise traduction que nous avons lue) et cette vie éternelle, c'est que les hommes connaissent Dieu et son envoyé Jésus Christ". Nous qui connaissons Dieu et le Christ Jésus, d'une connaissance partielle et bien imparfaite, nous aurions donc dès aujourd'hui la vie éternelle…

Essayons d'éliminer de notre esprit l'idée de l'éternité qui serait un temps sans limites : c'est proprement impensable et fantasmatique. Surtout, gardons-nous de penser que la vraie vie sera dans l'éternité, dans un futur inaccessible, après l'histoire, après notre histoire.
C'est aujourd'hui, c'est ici que nous pouvons vivre, que nous sommes appelés à vivre à la suite de Jésus, dans la même ligne que lui.
C'est aujourd'hui que tout se joue, c'est aujourd'hui que vient à jour l'essentiel. 
Et non dans le passé ni dans le futur. C'est aujourd'hui que nous pouvons nous aussi entrer dans le chemin de la gloire de Dieu. Et redisons ce qu'est cette gloire : c'est l'homme vivant.
A chacun de nous de vivre en homme vivant. A nous de faire vivre tout homme rencontré.

Voilà que la banalité de notre existence quotidienne prend une dimension inattendue.
Une dimension éternelle, pour reprendre le mot de Jésus.
Et nous avons peine à y croire. Peut-être, en fait, parce que nous n'avons pas le courage pour y croire. C'est-à-dire pour vivre comme il faudrait : en gloire de Dieu, en homme vivant, debout. C'est que nous savons par où est passé Jésus pour avoir vécu pleinement tout cela : par la croix. Vivre en chrétien, c'est rude. C'est rude et passionnant car nous est révélé ce que nous ne pouvions soupçonner : la valeur de notre vie.
Voilà donc quelques réflexions après celles de l'évangéliste qui nous semblaient bien compliquées. Peut-être pensez-vous que ce n'est guère plus simple maintenant et que, comme les femmes revenant du tombeau, tout ce que j'ai dit n'est que radotage.

Alors, une seule consigne : à votre tour de radoter, de ruminer le texte reçu de l'évangile et d'y chercher l'écho de la Parole de Dieu à chacun de nous adressée, jusqu’à ce que la gloire de la Pâque du Christ passe dans notre vie.

Amen.




jeudi 21 mai 2020

Fête de l'Ascension du Seigneur (jeudi 21 mai 2020)


 FETE DE L'ASCENSION DU SEIGNEUR
Jeudi 21 mai

Prions ensemble
Jésus monte vers son Père et notre Père,
vers son Dieu et notre Dieu.
«Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?»


Homélie (Père Jean-Baptiste):

« Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Le jour de l’Ascension, Jésus n’est pas parti sur une autre planète. Le ciel n’est pas situé dans un ailleurs mystérieux où nous entrerions en montrant patte blanche.
Le ciel n’est pas un lieu, un jardin merveilleux repérable par une pancarte indiquant : « Paradis ! ». Le ciel, c’est une vie intense d’amour avec Dieu, et avec nos frères. En ce sens, le ciel commence dès ici-bas dans la mesure où l’amour envahit déjà notre cœur.
« Vous allez recevoir une force quand le Saint Esprit viendra sur vous : vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. » En ce jour, Jésus nous dit, à nous aussi : Criez la joyeuse nouvelle de la foi ! Nous devrions être des chrétiens audacieux, joyeux de croire et qui donnent envie de la devenir. « Que nos visages révèlent à nos frères la joie du Christ ressuscité ! » 
Jésus s’en est allé pour que nous participions à la grande mission qu’il est venu accomplir : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » 
Chacun de nous se trouve investi depuis son Baptême et plus encore depuis sa Confirmation, de cette mission formidable : révéler l’amour fou de Dieu pour l’humanité.
C’est à travers nous, pauvres hommes et femmes, maladroits et pécheurs, imparfaits et vulnérables, que se poursuit la grande aventure de l’évangélisation du monde.
L’Ascension n’est pas le début d’une absence. Le Christ est avec nous dans le relais de son Église. Par son Esprit toujours remuant, il nous faut repartir courageusement au travail dans le champ de l’humanité.
Et si le Christ nous a donné tous ses pouvoirs, il ne nous laisse pas seuls. Il ne laisse pas ses Apôtres se démener avec la tâche monumentale et démesurée qu’il leur a confiée.

« Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes que l’accompagnaient. » Ne passons pas trop vite sur ces signes dont parle l’Évangile.
- Comment aujourd’hui, « chassons-nous les démons » ?
Les démons : ceux de l’égoïsme, de l’orgueil, du laisser-aller, de l’injustice.
La liste est longue et chacun peut faire la sienne. 
- « Comment aujourd’hui parlons-nous en langue nouvelle » ?
La langue de nos frères méprisés, rejetés. Apprenons-nous la langue des autres pour leur partager la Bonne Nouvelle et qu’ils puissent l’entendre ? 
- « Comment aujourd’hui prenons-nous en main les serpents et buvons-nous un poison mortel ? » Les serpents des structures économiques qui pèsent tant sur notre monde. Sommes-nous immunisés contre tous les poisons que distillent les pensées à la mode ?
- « Comment aujourd’hui guérissons-nous les malades » ? De tristesse, de solitude, d’angoisse, de peur et de tant de maux qui affaiblissent la vitalité de nos frères et sœurs.
- Cessons de dire que Jésus est absent de notre horizon.
Le Christ est un ami, un appui solide si nous voulons lui donner notre confiance.
- Il est un ami qui ne nous lâchera jamais. Il ne nous claque jamais la porte au nez.
Et même si parfois nous le mettons de côté, il est toujours prêt à nous accueillir dès que nous nous tournons à nouveau vers lui.
- Il nous donne d’aimer la vie sans la rêver.
Il nous donne de risquer notre vie pour le bonheur des autres. 
- Il nous offre des paroles qui ont la musique de l’Évangile. Des comportements qui ont la couleur de l’Évangile. Des actes qui ont le courage de l’Évangile. Des gestes qui ont la tendresse de l’Évangile.
- Ne restons pas seul. À certaines heures nous risquerions de nous décourager.

Par expérience, je peux vous le dire : c’est avec d’autres chrétiens que nous pourrons déployer notre vie, nous réjouir de toutes les richesses de l’Évangile.
- Cherchons à réussir notre vie, à la vivre en marchant à la suite du Christ.
Laissons mûrir sa Parole dans le fond de notre cœur. Portons-la au grand vent de notre vie.
- Baptisés dans le Christ, devenons ce que nous sommes : « le Corps du Christ », 
et soyons-le pleinement : des enfants aimés de Dieu notre Père, frères et sœurs avec et pour les autres, surtout pour ceux qui nous entourent.
Par la force de son Esprit, nous devenons les témoins de la Parole vivante au cœur du monde qui connaît la guerre, la souffrance, la misère et l’exclusion, à cause de la pandémie et des guerres qui dévastent la vie de bien des peuples, de l’humanité.

Aujourd’hui, à nouveau, choisissons l’Évangile : c’est notre bonheur. Marchons avec le Christ qui nous promet : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

samedi 16 mai 2020

6eme Dimanche de Pâques (dimanche 17 mai 2020)

 6ème DIMANCHE DE PÂQUES 
Dim 17 mai 2020

Prions ensemble


"Toute la terre chante pour toi, elle chante pour ton nom…"
 Oui, le Christ est ressuscité,
nous sommes en lui et il est en nous.



Homélie (Père Jean-Baptiste):


Dans les prochains mois, nous devrons garder encore nos distances mais l’homme est fait pour la proximité. C’est un fait humain qui ne peut être subverti.
Le virus a montré à quel point il est fondamental pour nous de nous voir, d’être ensemble, pour célébrer le Seigneur, et pour vivre de son Amour et en témoigner.
La dimension communautaire est fondamentale dans l’expérience chrétienne, car le chrétien qui s’isole est un chrétien qui s’étiole.
Jésus lui-même a promis  qu’il ne laisserait pas ses disciples orphelins, qu’il prierait le Père qui leur donnerait un autre Défenseur qui serait pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. 

Les Actes des Apôtres qui sont lus pendant ce temps pascal nous apportent un enseignement fondamental sur l’expérience de l’Esprit-Saint dans l’Eglise après la Résurrection.
L’événement rapporté en ce dimanche pour les Samaritains convertis et baptisés par le diacre Philippe, est significatif. Ils n’ont pas reçu l’Esprit-Saint. Ce sont les apôtres qui, par l’imposition des mains, leur donnent cet Esprit-Saint qu’ils ont reçu du Seigneur pour le transmettre.
Cet acte devient le signe efficace, non seulement de leur adhésion à Dieu, mais de leur intégration dans l’Eglise.
Par les sacrements de Baptême et de Confirmation, nous recevons, comme l’ont reçu les Samaritains, cette Vie divine, dans sa réalité trinitaire.
L’Esprit-Saint est présence de Dieu qui nous permet de devenir et de vivre comme des fils et filles en Jésus le Fils du Père.
Il nous permet, Esprit de Vérité, d’être vivant avec Celui qui est la Vérité.
Esprit qui donne la Vie, il nous permet d’être associé à Celui qui est la Vie.
- Le Saint-Esprit est celui qui perpétue en nous la présence du Christ ressuscité.
En nous, il fait mémoire de la vie de Jésus-Christ. Il fait souvenir de tout ce que Jésus a dit et enseigné pendant son ministère. En nous, il agit comme un véritable relais, un réémetteur de la Parole divine qui est vérité. C'est pourquoi Jésus le nomme « l'Esprit de Vérité ».
- L’Esprit Saint est celui qui accompagne nos célébrations chrétiennes. Il nous aide à y discerner la Parole de Dieu et la Présence du Christ ressuscité, notamment dans l'écoute et la méditation des textes bibliques.
En parlant de l’Esprit Saint, Jésus déclare à ses disciples « Vous, vous le connaissez ». 

Par cette expression, Jésus nous dit que nous sommes amenés à éprouver la présence de l’Esprit Saint dans notre cœur, dans notre fort intérieur, comme expérience intime et personnelle. Ainsi, par l’Esprit Saint, Jésus-Christ fait sa demeure en chacun, chacune de nous, il habite en nous, participe à notre vie intérieure, nous transforme en profondeur, il change notre façon d'être...
Sûrement, Jésus ne nous laissera pas orphelins, nous ne pouvons pas être privés de sa présence en nous. Pour insister sur le caractère définitif et permanent de sa présence, Jésus ajoute « Je reviens vers vous ». A travers cette parole simple, Jésus se tourne vers nous, il manifeste la grâce et la fidélité de Dieu envers nous.
La foi, c'est voir le Christ vivant dans notre vie, c'est lier notre vie à la sienne. C'est ce que dit Jésus aux disciples : « vous me verrez parce que je vis et que vous vivrez aussi ».
Jésus nous offre ainsi une vie nouvelle, liée à lui-même et à Dieu. Il pousse même ce lien jusqu'au bout, en rendant réciproque la relation qu'il établit avec nous : « En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous ».
Jésus se place en nous, et réciproquement, il nous place en lui.
En tant que croyants, nous avons fait l’expérience de la présence de Dieu dans nos vies ; il n’est pas seulement proche de nous, mais il est en nous, plus intime à nous-mêmes.
Son Esprit-Saint fait rayonner sur l’humanité souffrante l’Amour divin présent en nos cœurs ; il fait de nous les témoins de la foi par notre vie et par l’annonce de l’Evangile.
Dans la deuxième lecture, Saint Pierre déclare :
« Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ.
 Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect ». 

En ce temps qui nous conduit à l’Ascension et à Pentecôte, ce qui nous est proposé est donc de nous rendre attentifs à la présence de l’Esprit dans le quotidien de nos vies, dans nos diverses expériences, dans ce qui coule, se passe en nous… L’Esprit peut donc nous conduire, nous aider à discerner, à faire des choix de vie imprimée par le Christ. Il est avec nous et il ne cesse aussi de nous indiquer le lieu du passage pour recevoir la véritable marque, le véritable sceau du divin dans notre humanité. L’Esprit a la capacité de nous faire naître à autre chose. C'est cette naissance à autre chose que nous indique Jésus aujourd’hui. 

Amen !

samedi 9 mai 2020

5eme Dimanche de Pâques (dimanche 10 mai 2020)


 5ème DIMANCHE DE PÂQUES
Dimanche 10 mai 2020

Prions ensemble

Nous sommes appelés à être
les pierres vivantes d'une Eglise vivante
fondée sur le Christ, pierre angulaire. 




Homélie (Père Jean-Baptiste):

Depuis quatre semaines, la Bonne Nouvelle de Pâques résonne à nos oreilles et met nos cœurs en fête. Christ est ressuscité ! Il s’est levé d’entre les morts ! 
Et la liturgie de ce dimanche nous engage à ouvrir notre regard sur les conséquences de cette résurrection du Christ, dans notre propre vie.

Depuis le jour de Pâques, la Parole nous plonge au cœur des premiers temps après l’événement en parcourant le livre des Actes des Apôtres.
Et nous y découvrons la naissance de la communauté des croyants, premier fruit de la résurrection.
Saint Luc, dans les Actes, nous montre la difficulté de s’adapter devant ces situations nouvelles : l’accueil des étrangers. Et c’est vrai, aujourd’hui encore !
C’est la difficulté des premiers chrétiens d’accueillir véritablement ces chrétiens d’origine grecque qui se plaignent que leurs veuves ne sont pas aussi bien traitées que les autres.

Notre passage d’aujourd’hui nous renvoie à l’image d’une communauté composée de frères et de sœurs, qui, en fait, nous ressemblent comme deux gouttes d’eau.
Ils sont animés d’un esprit de partage et du souci de plus pauvres, mais ils ont comme nous leurs besoins, leurs questions, leurs plaintes.
Surgit notamment un problème d’équité dans le traitement des deux groupes de la communauté.

Nous vivons bien entendu des problématiques différentes dans leurs détails mais la démarche adoptée pour résoudre le problème pourrait bien nous inspirer encore aujourd’hui. Je souligne trois éléments.
- En premier lieu, il y a la volonté de susciter le dialogue dans le respect et l’écoute de chacun : les Apôtres convoquent l’assemblée, rappellent ce qui, pour eux, leur paraît essentiel et proposent une solution à l’assemblée.
- En second lieu, les Apôtres ne se croient pas investis de la mission de tout faire et de tout contrôler ! Jésus les invite à déléguer les responsabilités.
Cela peut paraître bien terre–à-terre, mais la pratique de l’art de déléguer les missions et de répartir les tâches et les responsabilités me semble, encore aujourd’hui, vitale, pour que la communauté reste vivante et appelante.
- Et en troisième lieu, il y a justement ce recentrage sur ce qui est le fondement essentiel, à savoir la Parole de Dieu.
C’est encore vrai pour nous aujourd’hui.

Annoncer la Parole de Dieu, s’en nourrir pour faire une communauté qui soit animée par l’esprit et la vie du Christ et où chacun, chacune a sa place.
Nous sommes bouleversés quand nous entendons de belles paroles qui ne sont pas mises en pratique !
Jésus nous dit : « Je suis la vérité et la vie ». Il n’est pas un beau parleur. Il met en pratique ce qu’il dit : « Si vous ne croyez pas mes paroles, regardez mes actes » qui sont toujours porteurs de vie.
Ouvrir les yeux et les oreilles, allez vers les autres, surtout ceux qui sont à la marge, tendre les mains pour partager, encourager, relever celui ou celle qui peine, tout cela n’est-il pas signe de vie ? C’est vrai aussi pour nous, frères et sœurs … tout cela est signe de vie !

La Parole de Dieu nous met au défi d’être signes de vie pour nos frères.
C’est ainsi que nous sentirons battre le cœur de Dieu qui nous aime tant, et nous pourrons dire avec Jésus : « C’est le Père qui demeure en moi et qui accomplit ses propres œuvres. » Et la merveille devant nos yeux, c’est que le Père ne l’a pas laissé voir la corruption : il l’a relevé d’entre les morts ! Et nous avec, relevés de ce qui est mort en nous !

Et le Ressuscité entraîne avec lui vers le Père tous ses frères humains qui mettent leur foi en lui. Heureux sommes-nous de former le peuple saint !
Alors « ne soyons pas bouleversés » : Jésus vient de nous dire qu’il est
- « le Chemin vers le Père ». Nous devons passer par lui et avec lui.
- « Je suis la Vérité ». Jésus est la Vérité parce qu’il est la Parole du Père.
Cette vérité nous oblige à changer notre regard sur les autres, à les regarder et à les aimer comme Jésus.
Comment pourrions-nous être heureux si des frères, des sœurs ne le sont pas ?
Le jour où nous comprendrons cette vérité, alors nous comprendrons que l’Évangile est une Bonne Nouvelle qui nous rend libres !
- « Jésus est encore la Vie. » la vraie Vie ; Jésus est pour nous la Vie car il est l’Amour. Vivre, c’est aimer et toute la vie de Jésus au milieu des hommes est une révélation de l’amour donné, partagé, de l’amour qui invite à la liberté.

Suivre le Christ, c’est donc bien cette joie de croire, cette joie de vivre l’Amour de Dieu qui vient nous combler et en témoigner.
OUI, le Seigneur est notre Chemin, notre Vérité, notre Vie !

mercredi 6 mai 2020

Des nouvelles de la santé de Mgr Santier (05 mai 2020)


Des nouvelles de notre Évêque Mgr Michel Santier
Mardi 5 mai 2020



L'état de santé de Mgr Santier a continué de s'améliorer la semaine dernière puisqu'il a pu se passer d'oxygénothérapie nasale depuis vendredi.
Il va bien et son état respiratoire est stable. Il est donc rentré à son domicile ce mardi 5 mai.
Nous souhaitons la bienvenue à Mgr Santier… chez lui dans notre diocèse. 

Nous lui souhaitons un parfait rétablissement et nous permettons de lui dire: prenez soin de vous: nous ferons tout pour prendre soin de vous en ne vous accablant pas trop de soucis !
Nous avons appris avec joie aussi l’entière guérison des sœurs de l’Annonciade de Thiais avec lesquelles notre diocèse entretient des liens très fraternels.
Pour tout cela comme pour le dévouement inlassable des personnels des hôpitaux nous rendons grâce.


Père Stéphane AULARD,
Père Gérard BERA.
Vicaires généraux



samedi 2 mai 2020

4eme Dimanche de Pâques (dimanche 3 mai 2020)

4ème DIMANCHE DE PÂQUES

Prions ensemble

 Christ ressuscité est le bon berger,
il est la porte ouverte sur la vie de Dieu
et nous appelle à grandir ensemble dans l’amour
.



Homélie (Père Jean-Batiste LÊ):

C’est le dimanche du Bon Pasteur, et Journée mondiale de Prière pour les vocations.

            Notre monde vit un temps difficile avec cette pandémie du Coronavirus. Combien de personnes infectées de par le monde et qui ne peuvent être visitées par leurs proches ?  Combien vivent dans des pays où manquent les moyens techniques et les médicaments ? Combien meurent dans la solitude sans pouvoir être accompagnés de leurs familles, de leurs proches ? … Sans compter les difficultés du confinement pour beaucoup ! La litanie est déjà longue …
            Mais n’oublions pas non plus le réconfort apporté par les médecins, les soignants, personnels hospitaliers, tous aussi admirables les uns que les autres, sans oublier, les scientifiques, qui sont à la recherche d’un traitement, pour soigner et guérir de ce virus.
            Tous les gestes de solidarités vécus envers tous ceux qui vivent la précarité et qui sont de plus en plus nombreux. De quoi nous redonner un peu d’espoir …
            Et puis, il y a ceux dont on ne parle plus ou peu, et qui, comme nous l’a rappelé notre Pape François, lors de sa bénédiction URBI et ORBI, continuent aussi à souffrir : ceux qui vivent sous les bombes, en Irak, en Syrie, en Lybie ...
Que de violences qui jettent les exilés sur les routes …
             Dans tant d’autres pays, les chrétiens sont assassinés ou abattus comme au Nigéria ou au nord du Burkina, par des membres de Daesch …  sans oublier tous les réfugiés qui cherchent un pays d’accueil. Ouvrons nos yeux, nos cœurs !
            Face à tous ces événements tragiques, l’Évangile du Bon Berger, qui est aussi la Porte des Brebis, n’a rien de bucolique … Il vient nous apporter la lumière sur les drames que vit notre monde. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Le Berger, qui livre sa vie pour sauver ses brebis, nous rappelle le prix à payer pour le salut et la paix du monde.
            Quand la loi de l’amour rencontre la loi de la jungle, c’est cette dernière qui semble triompher. L’Agneau est immolé et le Berger en même temps.
            Mais Dieu est intervenu pour rétablir toute chose : en rendant le Berger à la vie, il sauve le troupeau avec.
« Si quelqu’un entre en passant par moi : il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. »
            Ce dimanche, c’est la Journée Mondiale de prière pour les vocations.
Aujourd’hui notre prière se fait plus instante, plus insistante, comme si nous prenions enfin au sérieux la demande de Jésus : « Priez le Maître de la Moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ». C’est la première chose à faire, la prière.
            C’est vrai qu’aujourd’hui, en Europe et en France, notamment, les ouvriers sont de moins en moins nombreux.
« Vous avez été appelés » dit l’Apôtre Pierre. Appel vécu par chacun dans le baptême comme un premier signe de ce qui remplit toute une vie. Appel à la vie, à l’amour, à la paix, à la conversion, au service, au témoignage.
            Quelle merveille et quelle source d’immense paix de pouvoir se dire : « J’ai été choisi par le Seigneur ! » Je ne peux dire cela qu’après un long compagnonnage avec le Christ et de longs moments de recherche, d’hésitations, d’interrogations, de souffrance : s’affronter à ses propres limites, à ses propres fragilités, à son péché, n’est jamais évident !
La parole de Dieu se dresse au milieu de ma vie comme un phare.
Discrète mais efficace. Elle éclaire ma route. Elle révèle ce que cache la nuit.
Avec cette Parole, j’ai toujours l’impression et même la conviction de me trouver en face d’un être vivant. J’écoute Dieu qui me parle. …
            Célébrer les sacrements, c’est proposer et à Dieu et à l’homme un lieu de rencontre.
Naître et renaître, guérir, pardonner, unir, communier …
            Préparer un baptême, rencontrer quelqu’un pour le pardon, visiter un malade, c’est d’abord écouter.  Dieu me parle quand un frère, une sœur raconte une naissance, révèle un amour, expose sa blessure ou partage une peine. Dieu me parle dans ces récits de vie qui forment le terreau où le mystère pascal (= le passage de la Passion et la mort à la Résurrection) s’enracine et germe. Dans un monde qui parle beaucoup, jusqu’à rendre la parole banale, j’ai le défi d’écouter et d’aider à écouter le murmure de Dieu – presque son silence.
C’est tout bas que Dieu parle fort. Et il faut beaucoup d’attention pour l’entendre.
Et puis, la Parole m’a donné aussi le goût pour la Liturgie des Heures, prière des psaumes. Là, les mots de Dieu deviennent ma prière. Des vieux mots usés par des siècles de désir et pourtant des mots neufs de la nouveauté de l’Esprit.
            La liturgie prend une grande place dans ma vie. Plus que tout je suis l’homme de la célébration. Mes gestes et mes paroles trouvent leur point d’ancrage dans la célébration, et en premier lieu celle de l’Eucharistie. L’Eucharistie nous fait chanter l’indicible. Elle nous fait atteindre l’inaccessible de chaque événement de nos vies. Nos voix se rassemblent pour faire un seul chant, nos mains se rejoignent pour que circule la paix unique et véritable.
Le pain est partagé pour qu’une même vie nous habite en abondance.
Jésus nous a dit : « Je suis la Porte ». Et Il a ajouté : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ». Je sais le prix de ce passage. Je le célèbre en offrant le Sacrifice dans l’Eucharistie au nom de toute la communauté rassemblée.
Sacrifice du Corps livré et du Sang versé pour le salut du monde. C’est par la croix que le Christ nous fait entrer dans la vie.
            La croix avec ses bras ouverts sur le monde, avec son centre tourné vers le Père, c’est le signe de tous les chrétiens. Mais la croix est aussi au cœur de ma vie de prêtre : elle est le signe de l’offrande d’une vie avec le Christ à Dieu.
            Gardons au cœur le souvenir de ces merveilles de Dieu. Elles annoncent des merveilles plus grandes encore, elles fondent à jamais notre action de grâce.
            L’action de grâce, prière dans un mouvement de gratitude, qui élargit nos cœurs à la dimension de Dieu et à celle du monde. Oui, élargir l’espace de la tente (= notre cœur, notre maison, notre Eglise) pour que la Vie y circule et y circule en abondance.

    Amen !