dimanche 29 mars 2020

Cinquième dimanche de Carême (29 mars 2020)

Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean (11, 1-45)
« Je suis la résurrection et la vie »


HOMÉLIE        (Père Jean-Baptiste Lê)


Jésus pleure la mort de Lazare, frère de Marthe et de Marie, et Il le ressuscite !

            L’Évangile de Saint Jean est l’Évangile des signes.
            Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut Cana, premier jour, premier signe, l’eau et le vin, le baptême et l’Eucharistie, les deux sacrements de l’initiation chrétienne. Tout est dit mais l’heure n’est pas encore venue.
            Il y eut le pain multiplié, quatrième signe d’un Dieu qui se donne tout entier pour la vie de ceux qu’il aime.
            Il y eut le signe de la lumière. Il dit : « Que la lumière soit ! » et l’aveugle naît au jour, la lumière luit dans les ténèbres. Il y eut un soir, il y eut un matin, jour cinq.
            Il y eut un soir, il y eut un matin, sixième jour. Le miracle de Lazare est le sixième de l’Évangile de Jean.
            Nous sommes ainsi au sixième jour d’une nouvelle création. Le septième sera celui de la mort du Christ, le jour du grand repos.
            Le huitième jour sera jour de Résurrection, un jour sans fin, un jour éternel.

            Le signe de Lazare inscrit ce que l’histoire humaine porte de plus douloureux. Qui n’a pas pleuré son Lazare ? Qui n’a pas crié de douleur et d’angoisse devant un être cher disparu
            Je me souviens, il y a quelques années déjà, un jeune garçon de 8 ans, Paul, participait à l’enterrement de son grand-père. Il avait beaucoup de chagrin. Il voyait surtout sa maman qui pleurait.
            Au cours de la célébration à l’église, J’ai lu, à la demande de la famille, le récit de l’évangile que nous venons d’entendre.
            Pendant que je lisais, le visage de Paul s’est détendu progressivement jusqu’au dénouement où j’ai aperçu un grand sourire éclairer son visage.
            Après la célébration, Paul s’est jeté aux bras de sa maman : « Dis, maman, pourquoi Jésus n’est-il pas venu comme pour Lazare ? »
            La vérité sort de la bouche des enfants ! Et Paul avait raison de demander des explications. Où est Jésus quand nous enterrons un parent, un ami ? Que fait Jésus pour ceux qui meurent ?
            Qui n’en a pas voulu à Dieu d’être absent quand la vie s’éteint, quand vient la mort ? Qui ne se pose encore la question aujourd’hui, avec l’épidémie de coronavirus et ses milliers de morts ?
            Décidément, nous n’avons pas envie de refermer le livre de l’Évangile, ce matin, avant de comprendre.
Pour Lazare, Jésus arrive en retard et Marthe et Marie, n’y peuvent rien dans leur détresse. Marthe, en présence de Marie est la première à lancer au Christ, le cri de sa prière, une prière sans gêne, au ras du réel : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! »
            Et voilà qu’au cœur de leur prière, elles sont témoins de la souffrance de Jésus, de son émotion. Jésus a mal. Et Jésus pleure : « Voyez comme il l’aimait ! »
            Mais si les deux sœurs sont témoins de l’infinie tendresse du Christ, elles sont témoins davantage de son acte de foi. Avant même que sa prière ne soit exaucée, Jésus rend grâce et c’est alors qu’il peut affirmer : « Je suis la Résurrection et la Vie ! »
            Et Jésus agit, il fait surgir l’inattendu, il recrée la vie : « Lazare, viens dehors ! » 
            Oui, Jésus est la Résurrection et la Vie, non seulement parce qu’au terme de notre existence, il nous fera vivre pour toujours, mais parce que tout au long de notre existence, il nous fait vivre, vivre vraiment, vivre à plein, il nous fait vivre d’une vie nouvelle.
            Oui, Jésus nous crie : « Viens dehors ! » Et cette parole traverse les siècles. C’est à vous aujourd’hui, c’est à moi qu’il crie : « Viens dehors ! »

            Dans le récit de l’Évangile, il est dit que, à ces mots, Lazare est sorti, entouré des bandelettes du cadavre.
            Nous avons beau être empêtrés de bandelettes, de nos étroitesses et de nos peurs, ficelés dans la culpabilité, bâillonnés par notre égoïsme, Jésus nous appelle dehors.
            « Sors de toi-même », « sors de ton péché », « sors de ta routine » ... Dieu ne cesse de nous appeler à sortir de nos tombeaux, comme il a ouvert le tombeau de Béthanie.
            Car, Lazare, le mort, vivra. Jésus, le vivant, mourra. Ainsi le signe est donné, comme le code d’entrée dans la Passion du Christ.
Par la foi, Jésus a fait revivre Lazare, mais il paiera le prix. Il n’y a pas d’amour sans risque de mourir : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

            Aujourd’hui, cet amour nous est confié, il ne peut que passer par nous. Un amour qui nous rend présent à la détresse du monde.             Un amour, non pas en paroles, mais en actes, dans la vérité de Dieu. L’amour n’a que nos mains pour panser les plaies de notre monde. Et comment ne pas prier, encore une fois, pour tous les soignants qui se dévouent auprès des personnes victimes du covid-19. Eux aussi, comme le Christ, risquent leur vie par amour !
            Seuls, les êtres de lumière peuvent irradier cet amour. Inexplicablement, sans qu’ils le sachent. C’est la seule manière de rendre à notre humanité un peu d’espoir et d’espérance.
            Il n’y a pas d’amour sans risque de mourir. Jésus ne le sait que trop. Thomas, le Jumeau – donne la clé du récit : « Allons et mourrons avec Lui ! »
            L’amour à mort est le chemin de Pâques. En Jésus, Dieu nous aime jusqu’à mourir pour nous sur la Croix. « Je suis la Résurrection et la Vie ». – Oui, je crois, Seigneur !


samedi 28 mars 2020

Participer à la quête (depuis chez soi)

Chère paroissienne, cher paroissien,

malgré le confinement actuel, vous avez la possibilité de suivre les messes (du jour ou du dimanche) par différents moyens numériques :
- à la télévision,
(France 2 : émission « Le Jour du Seigneur », le dimanche à 10h30 / KTO TV : canal de diffusion fonction de votre opérateur de téléphonie /  … )
- mais aussi par le biais de sites internet
(« Prions en Eglise » : prionseneglise.fr / KTO : ktotv.com /  … ).


Il est aussi possible de participer à la quête, en donnant, via une application :
- à télécharger sur votre smartphone (https://www.appli-laquete.fr/, où toutes les paroisses du Diocèse y ont été créées),
- ou via la plateforme temporaire de collecte en ligne créée depuis quelques jours (https://donner.catholique.fr/quete/~mon-don ).

Quatrième dimanche de Carême (22 mars 2020)

Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean (9, 1-41)


HOMÉLIE        (Père Jean-Baptiste Lê)

Au cœur de notre Carême, voici comme un temps de repos : la mi-Carême ! Ce dimanche, autrefois s’appelait « Laetare » où le violet du Carême cédait la place au rose des premières lueurs pascales.
            « Laetare », c’étaient les premiers mots du chant d’entrée de la messe : « Réjouissez-vous avec Jérusalem ». Bientôt, comme les yeux de l’aveugle-né, vos yeux s’ouvriront.

            En ce temps d’épidémie mondiale, nous n’avons certes pas beaucoup de motifs de nous réjouir. Portons dans notre prière toutes les victimes et leurs familles, tous ceux qui sont confinés et qui luttent contre la maladie. 
            Prions aussi avec et pour tout le personnel soignant : médecins, infirmières aides-soignants qui depuis des semaines sont engagés dans une course contre la montre et sont fatigués.
            Surtout ne cédons pas à la panique malgré l’inquiétude, gardons sérénité et confiance, comme l’homme aveugle de la parabole.

            Cet homme n’avait jamais vu ni sourire ni larmes, il n’avait jamais goûté l’amitié d’un regard. Il ne connaissait pas le bleu du ciel ou le vert du printemps. 
            Il pouvait vivre dans un univers sans image où comptent seulement les mains et les oreilles. Il ne demandait rien : pas de cri de pitié, ni de pas vers le Rabbi. Il était là, à la sortie du Temple, c’est tout.
            Cet homme qui ne voit pas, Jésus l’a vu. En lui il ne regarde pas seulement l’infirme avec sa misère. 
            Il reconnaît tous ces hommes qui ne voient pas clair dans le monde, qui ne voient pas de sens à leur vie.
            Et Jésus refait les gestes de la création. Il lui faut remodeler l’homme. De la boue, il fait un être neuf. Ce n’est pas un détail anecdotique, c’est un geste de prophète.

            Dieu avait créé pendant six jours, puis le septième, il s’était reposé de son œuvre, nous dit le Livre de la Genèse. 
            Jésus, l’Envoyé du huitième jour, achève et porte à sa perfection l’œuvre de la création qui avait été blessée par le péché d’origine.   
            Et le souffle qui libère la vie, c’est sa Parole : « Va te laver à la piscine de Siloé ». Siloé veut dire « Envoyé ». Il y alla, il se lava et quand il revint, il voyait.

            L’histoire aurait pu s’arrêter là, elle était déjà bien belle. Mais c’est pourtant à ce point que tout commence. Á la progression de l’aveugle dans la foi répond la progression de l’hostilité qu’il rencontre.
            Lui qui n’avait jamais vu un visage, il découvre des regards inquisiteurs, haineux. De ses oreilles qui viennent d’entendre des paroles de grâce, il entend des injures.       
            Bien plus, il est bousculé, jeté dehors, expulsé. Quant à ses parents qui auraient dû le soutenir, ils ne se mouillent pas. 

Il était à peine un homme tout neuf, tout à la joie de la lumière, qu’il lui a fallu affronter d’autres ténèbres. Et – l’avez-vous remarqué ? – Jésus disparaît de la scène, comme s’il laissait l’homme à ses responsabilités !
            Mais l’ancien aveugle est têtu, obstiné, il n’en démord pas de sa profession de foi : « J’étais aveugle, maintenant, je vois. Voilà ce que je sais. »
            Il semble même que l’affrontement fait grandir sa foi et que c’est cela qui le fait progresser jusqu’à la profession de foi finale et totale. Lorsqu’il rencontre à nouveau Jésus, il n’a plus qu’un geste : il se prosterne, et qu’une parole « je crois. »

            Cette histoire de l’aveugle-né est aussi la nôtre, à nous qui avons reçu le baptême qui est le sacrement de l’Illumination. Nous n’étions que « ténèbres et maintenant, dans le Seigneur, nous sommes devenus lumière. »

            En ce Carême, Dieu nous invite à refaire le même parcours, la même progression, à redire comme l’aveugle guéri : 
« C’est un prophète ». C’est-à-dire quelqu’un qui, au nom de Dieu, nous ouvre les yeux sur ce qui était voilé.
            Quelqu’un qui nous apporte une Parole qui dépasse les paroles des hommes, en un mot quelqu’un qui nous révèle le sens de toutes choses : 
            « Tout ce qui apparaît devient lumière », dit Saint Paul. Nous aussi, nous avons à renouveler notre foi dans le mystère de Jésus, « un homme qui vient de Dieu. » 

            Mais, pas moins que pour l’aveugle-né, l’illumination de la foi ne nous met pas à l’abri des questions voire, des moqueries ou, plus fréquemment des haussements d’épaule. 
            Alors de deux choses l’une, ou bien nous nous décourageons devant l’épaisseur des ténèbres et nous baissons les bras. Ou bien cet affrontement fait grandir notre foi.

            Chrétiens, plus nous regardons le monde, plus grand est le prix que nous attachons à la lumière que nous apporte le Christ.
            Plus nous cherchons à mieux connaître cette Parole déposée en nous au jour de notre baptême comme une semence qui ne demande qu’à croître.
            Pour nous, la lumière du Christ est un trésor à ne pas mettre sous le boisseau.
            Le Christ donne à voir toute notre vie pour ce qu’elle est réellement : un amour à vivre, une confiance à tenir, une liberté à gagner.
            Avec la force tranquille de l’aveugle de l’Évangile, levons les yeux vers Celui qui est lumière pour l’homme aujourd’hui.     

          Demandons-lui d’éclairer nos cœurs, de pénétrer nos vies, de nous transfigurer pour que nous soyons des êtres nouveaux, nouveaux de la lumière de Dieu. Même au milieu du confinement général.

 

mercredi 25 mars 2020

Histoire des quatres bougies


Votre curé à votre écoute

Rappel:

Dans le cadre du confinement sanitaire, tout prêtre peut être amené à se déplacer là où tel ou tel fidèle le lui demande, en Val de Marne, pour quel que nécessité pastorale.

Votre curé de la Vallée du Réveillon et du Plateau briard, Jean-Baptiste LÊ, est donc accessible et prêt en cas de besoin, pour toute visite, à tout moment.


P. Jean-Baptiste LÊ :       06 12 33 61 15

Quelques musiques et chants pour égayer vos journées


* Je veux Te louer (Chemin Neuf Worship)



* Voici mon cœur (Glorious-Saint-Esprit): 









En union de prière avec tous les chrétiens (Mercredi 25 mars & Vendredi 27 mars)





* En la fête de l'Annonciation, aujourd'hui (Mercredi 25 mars 2020), prions Dieu Notre Père chanté, à 12h00, en communion avec tous les enfants de Dieu, grands et petits.



* Après le Notre Père:
A la Vierge qui a reçu l'Annonciation du Seigneur pour notre Salut.



Père Jean-Baptiste LÊ
(curé des paroisses de la Vallée du Réveillon et du Plateau Briard)

Invitation prière commune Fête de l'Annonciation (25 mars 2020) - Pape François


Prier avec le Pape Jean XXIII



(Pour agrandir le document: clic gauche sur celui-ci,
ou pour l'imprimer : clic droit sur celui-ci et choisir "Imprimer l'image")


Aux acteurs pastoraux du catéchuménat


(Pour agrandir le document: clic gauche sur celui-ci,
ou pour l'imprimer : clic droit sur celui-ci et choisir "Imprimer l'image")

jeudi 19 mars 2020

Communiqué de notre évêque à tous les diocésains (18 mars 2020)


 COVID-19 Annonces de notre évêque.


Après la déclaration du Président de la République le 16 mars 2020 et le confinement annoncé pour au moins 15 jours, Mgr Michel Santier, évêque de Créteil, vous transmet les informations suivantes.

1.     Aucune messe (dominicale, de semaine, de funérailles) avec une assemblée, de quelque taille qu’elle soit, ne doit être célébrée. Les églises peuvent rester ouvertes, avec moins de 20 personnes en prière individuelle et à distance les unes des autres.
2.     Pour les obsèques, elles peuvent pour le moment être célébrées dans les églises. L’assemblée devra être inférieure à 20 personnes et celles-ci devront se répartir dans l’ensemble de l’église. Il faut reporter la célébration eucharistique à des temps meilleurs. Seul celui qui préside bénit le corps avec l’eau bénite ; les autres s’approchent et s’inclinent sans toucher le cercueil et font le signe de croix sur eux-mêmes.
3.     Baptêmes, mariages, confirmations, professions de foi, premières communions, sont à reporter à des temps meilleurs.
4.     Les confessions doivent se faire dans des lieux qui permettent un mètre de distance et de ne pas se tenir face à face.



Nous nous confions à Notre-Dame des Miracles :

Prière d’intercession à Notre-Dame des Miracles

Oraison du 17ème siècle

Je te salue Marie, très sainte Mère de Dieu,
Reine du ciel, Porte du Paradis
Dame du Monde,
Tu es Vierge et singulière,
Tu as conçu Jésus sans peine
Tu as enfanté le Créateur
Et Sauveur du Monde,
de laquelle chose je ne doute point,
Prie pour moi ton cher fils
Et me délivre de tout mal.


Le mercredi 25 mars nous fêterons l’Annonciation. A cette occasion, tous les évêques de France invitent à faire sonner un peu partout en France, les cloches de toutes les églises pendant dix minutes à 19h30, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun. Les fidèles sont également invités à disposer sur leurs fenêtres des bougies, en signe d’espérance.



Très fraternellement
+ Michel Santier
Evêque de Créteil



mercredi 18 mars 2020

Messe du jour (par écran interposé)

Pour ceux qui le souhaitent (et qui le peuvent), voici un lien pour suivre la messe du jour proposé par "Prions en Eglise" :
messe du jour ("Prions en Eglise")



Fraternellement.
Poursuivrons notre Carême

samedi 14 mars 2020

Dimanche 15 mars: méditation sur l'évangile de "la Samaritaine"



Carême 3 A – La Samaritaine



            Elle venait chaque jour avec sa cruche, à une heure où le soleil tape fort. Les femmes sont peu nombreuses à ce moment-là.

            Midi, ce n’est pas l’heure d’aller au puits. L’heure du puits c’est au contraire le matin à la fraîche, ou le soir, aux lèvres de la nuit. Mais cette femme voulait passer inaperçue.

            Pas de chance ! Il est midi en Samarie et pourtant Jésus est là, assis en plein soleil, au bord du puits, et ce puits est celui de Jacob.

            Serait-ce donc un nouveau Jacob, le Père d’un nouveau peuple, qui, en plein midi, fait halte ?

            Jésus fera donc toujours ce qui ne se fait pas. Le voici en Samarie, de l’autre côté de la frontière. Et cette femme restera pour toujours : « la Samaritaine. »

            Jésus s’adresse à elle, elle lui répond. Elle est une femme seule, parlant à un homme seul, et justement, cela ne se fait pas.

            Jésus lui demande : « Donne-moi à boire » Voilà Jésus ne reculant devant aucune ambiguïté. Au bord du puits, toutes les histoires d’amour commencent toujours par « donne-moi à boire ! »

            Elle la connaît la chanson ! C’est la chanson du puits, cinq fois les hommes lui ont déjà chanté le même refrain, cinq fois elle a cru à leur chanson sur la route du puits. C’est clair ! Si Jésus lui demande à boire, c’est qu’il lui dit autre chose.

            Cette soif anime toute la vie de Jésus, jusque sur la croix où il dira : « J’ai soif ! »

            C’est que, si l’homme cherche Dieu depuis toujours, Dieu est parti à sa rencontre depuis bien plus longtemps encore. C’est bien Jésus qui, au bord du puits de Jacob, a fait le premier pas en demandant à boire.

            Mais revenons à la Samaritaine. Pendant qu’elle allait puiser, toute seule, elle pouvait sans doute remuer dans sa tête, ses problèmes sentimentaux.

            D’ailleurs, Jésus en se tournant vers la Samaritaine lui dit : « Va chercher ton mari. » Mais elle n’a pas de mari, ou plutôt, elle en a eu cinq, et celui avec qui elle vit, n’est pas son mari.

            Jésus ne cherche pas à la juger, il ne la montre pas du doigt pour désigner son péché, mais pour désigner son humanité.

            Pour Dieu, il n’y a pas d’exclus, il n’y a pas d’ennemis, pas de maudits, pas d’impardonnables. D’où que tu viennes, Jésus est pour toi.

            Jésus ne brûle pas les étapes. Il donne plutôt envie à cette femme de savoir qui il est. En la reconnaissant dans la marginalité, Jésus désigne cette Samaritaine comme capable de parler Dieu.

            « Tu as eu cinq maris, tu t’es donc blessée cinq fois le cœur ? Tu portes cinq cicatrices nues et mal fermées, alors pourquoi joues-tu à celle qui a le cœur lisse ? Tu as une faim qui crie en toi, pourquoi refuses-tu de l’entendre et d’écouter ce qu’elle te dit ? »

            Les problèmes sentimentaux de la Samaritaine ressemblent aux nôtres.

            Nous sommes encombrés de nous-mêmes, aux aguets de tous les gestes qui pourraient nous dire notre importance, préoccupés de nous-mêmes.

            Et puis, il y a les éternelles questions religieuses. Où faut-il adorer, Et Jésus a une réponse lapidaire : « Adorez Dieu en esprit et en vérité. »

            En effet, Dieu n’est pas localisable. Dieu peut-être rencontré partout. Pas plus que le vent, il ne peut être capturé.

            Avez-vous remarqué comme la Samaritaine tente de résister ?

De l’eau vive ? Mais sa cruche quotidienne lui suffit.

Comment Jésus pourrait-il apporter plus ? Ah, une eau qui me dispenserait de venir puiser ?

            Et effectivement, comme elle, nous sommes toujours intéressés par une religion qui nous rendrait la vie plus confortable. La Samaritaine, c’est vous et moi.

            Elle est entourée de questions et de problèmes, qui vont de la cruche au débat religieux en passant par les difficultés sentimentales.

            Elle s’étonnait de cet homme, fatigué par la route qui lui avait parlé de Dieu comme jamais elle ne l’avait entendu. Et même quand il lui avait dévoilé son passé, elle s’était sentie profondément respectée.

            Petit à petit, elle discerne en cet homme qui lui parlait, le Messie annoncé, l’Envoyé du Père, le Prophète, le Sauveur du monde, la source intarissable de la vie, la source d’eau vive où l’on peut puiser à la mesure de sa soif.

            Elle prenait conscience de porter elle une autre soif que celle pour laquelle elle était venue avec sa cruche. Et la joie éclate dans le cœur de cette femme.  Elle laisse là sa cruche, et court au village annoncer à tous les siens la Bonne Nouvelle qu’elle vient d’entendre.

La foi ne peut naître que d’une rencontre personnelle avec Lui.

La seule soif qui ne trompe pas est celle qui nous envoie vers les autres.

            Et Jésus nous murmure : Celui qui a soif qu’il vienne et qu’il creuse avec moi le rocher de l’amour ! Celui qui a faim qu’il vienne et partage avec moi sa vie et tout son pain !

            Celui qui croit en moi, qu’il vienne et reçoive ma croix avec ma soif d’aimer !

Car celui en qui l’eau vive a jailli, celui-là en Dieu fleurira !

            Laissons-nous ramener auprès de cette Source cachée, la source de notre baptême. Si nous savions le don de Dieu, quel désir nous aurions de recevoir l’eau vive de la Parole et de l’Esprit saint !



            Tout à l’heure, pour l’Envoi à la fin de la messe, la porte de l’église s’ouvrira sur notre ville, sur nos maisons, sur notre Samarie à nous. Vous le savez bien, Jésus y est déjà. Il est arrivé avant nous. Alors, ne passez pas près du puits sans vous y arrêter. Amen !



 -----------------------------------------